Ce que nous apprennent les légendes

Créatures légendaires du Québec

Le folklore québécois regorge de créatures et de monstres de légendes vivant au coeur des forêts ou au fond des nombreux lacs de ce coin de pays... En voici quelques exemples.

Certaines créatures sortent directement du folklore autochtone ou en sont un dérivé, c'est le cas par exemple du célèbre Windigo, esprit de la Nature, ou du Bonhomme sept-heure, dérivé du Croquemitaine. 

Au Québec se trouvent de nombreux lacs, il n'est donc pas étonnant que certains d'entre eux soient le terrain d'apparitions plus ou moins mystérieuses. Parmi les plus célèbres, on peut citer les monstres des lacs Pohénégamook, Memphrémagog ou encore de Saint-Nérée

Si on cherche bien dans les régions québécoises, on peut peut-être avoir la chance de rencontrer des sirènes dans le golfe du Saint-Laurent, des lutins et des gnomes dans les plaines, mais aussi des créatures plus mystérieuses dans les forêts, comme les Jacks mistigris ou encore la terrible Hère...

Des contes & légendes pour appuyer l'autorité de l'Église

Historiquement parlant, la religion a une place très importante au Québec. L'Eglise catholique a joué un rôle majeur dans la construction du Québec et l'influence de la religion se reflétait dans tous les domaines aux débuts de la société québécoise. 

Les contes et légendes témoignent de cette autorité religieuse : ils sont souvent un prétexte pour transmettre une morale ou un avertissement d'ordre spirituel. C'est le cas de la légende de Rose Latulipe, par exemple : ici, on nous avertit que si l'on ne respecte pas le calendrier religieux et que l'on s'amuse un jour de Carême, c'est le Diable que l'on attire et qui nous punira. C'est le même principe dans la légende du Loup garou : alors qu'un homme s'obstine à travailler le jour de Noël, il se voit transformer en une monstrueuse créature. 

Certains contes et légendes sont aussi là pour rappeler au pélerin qu'il doit suivre les principes dictés par la Bible : dans la légende du Fantôme de l'avare, un homme peu charitable et trop pingre est puni de ses péchés et ne peut reposer en paix qu'au bout de 50 ans, lorsqu'il a enfin la possibilité de réparer ses erreurs. 

La légende des Jacks mistigris est un avertissement pour celui qui ne pratique pas correctement les préceptes de la religion. Quand à la légende du Sauvage mouillé, elle met en garde quiconque s'en prendrait à un homme d'Eglise...

Des contes & légendes qui nous renseignent sur le mode de vie des populations et sur l'histoire du Québec

De région en région, les populations s'adaptent à leur environnement. Ainsi on peut trouver dans le monde différentes façons de parler, de cuisiner, différents métiers et différentes croyances. 

En ce qui concerne le Québec, les contes et légendes de ce coin de pays peuvent nous apporter des détails intéressants sur le mode de vie de ses habitants, et surtout sur leur histoire et leur façon de penser. 

On en apprendra par exemple beaucoup sur les populations autochtones présentes bien avant l'arrivée des colons, comme c'est le cas dans Les squelettes du lac des Tombeaux. Dans cette légende on commence à comprendre quelle influence a pu avoir l'arrivée des européens en Amérique, et on peut penser qu'elle fait transparaître le ressenti encore vif des ancêtres des Premières Nations face à leurs envahisseurs. Les tensions entre colons et autochtones sont également retranscrites dans la légende du Sauvage mouillé, ou dans celle du Bateau fantôme de Gaspé

Certaines légendes se déroulent sur un fond historique : c'est le cas de la légende du Rocher Percé, qui nous donne quelques indices de fond sur la vie des premiers colons et sur la conquête de l'Amérique. La légende du Pont de Québec, dit Pont du Diable, est particulièrement intéressante car elle utilise des faits historiques avérés, la difficile construction du pont de Québec et les multiples accidents qu'elle a engendré, afin d'asseoir un peu plus l'autorité de l'Eglise. La légende de La Corriveau est l'exemple type d'un événement historique sordide - une femme qui assassine ses époux les uns après les autres - devenu légende par sa violence et les mystères qui l'entourent. 

La plupart des contes et légendes nous renseignent cependant sur la vie même des premiers québécois, sur leur folklore, leurs croyances et leurs métiers. La légende de La Griffe du Diable nous en dit long sur l'ambiance qui régnait dans les petits villages, notamment sur les mésententes entre les habitants. La légende du Trésor du buttereau donne, elle, une image plus positive des habitants de ces petits villages, plus solidaires entre eux. La légende du Forgeron guérisseur de Deschaillons nous apprend que les québécois des temps passés savaient trouver des moyens alternatifs pour se soigner, en allant puiser dans la nature.

La légende de Rose Latulipe nous renseigne sur la façon dont les gens des siècles derniers pouvaient s'amuser dans les petits villages, quels moyens ils trouvaient pour "tuer le temps" durant les longs hivers. C'est aussi le cas de la légende de La chasse-galerie, où l'on apprend qu'un prétendant était prêt à beaucoup pour pouvoir danser avec sa "blonde", y compris à vendre son âme au Diable... La légende de la Tour de Trafalgar nous explique comment les jeunes d'antan se faisaient la cour, la façon dont les mariages s'arrangeaient, et nous renseigne sur la fidélité dont les futurs époux pouvaient faire preuve. C'est également le cas de la légende de la Dame Blanche

La Chasse-Galerie nous transmet également des informations sur le difficile travail des ouvriers et des bûcherons dans des conditions hivernales extrêmes, comme c'est le cas dans la légende des Arbres qui saignent. La légende du Fantôme de l'érablière nous apprend de quelle manière et à quel endroit étaient préparées les spécialités culinaires du Québec. La légende du Fantôme de l'avare nous explique comment on se déplaçait au Québec dans le temps, et elle nous fait part de la dangerosité du climat, et des pièges que peut tendre l'hiver canadien.

Des contes & légendes pour témoigner de la défiance de la population à l'égard de l'Église

Il suffit d'aller au Québec pour se rendre compte de l'importance historique de la religion dans la société : en effet bon nombre de villes et de rues ont un nom à caractère religieux et les églises ne se comptent pas... Pourtant on peut vite remarquer une défiance à l'égard de l'Eglise, ne serait-ce que dans les jurons québécois : tout le matériel clérical y passe !

Cette défiance historique se retrouve dans les contes et légendes du Québec. C'est le cas avec la légende du Pont de Québec, qui montre bien l'indifférence des ouvriers face aux avertissements du curé qui leur conseille de ne pas jurer. La légende du Cheval noir de Saint-Augustin de Desmaures illustre l'indifférence des québécois face à la religion lorsque ceux-ci refusent d'investir de l'argent dans une nouvelle église. La légende du Loup garou met en scène deux personnages qui n'ont que bien peu de considérations vis à vis de la messe de Noël, et celle de La chasse-galerie nous raconte l'épopée d'hommes qui n'ont pas peur d'invoquer le Diable pour rejoindre leurs conquêtes. 

D'autres légendes parlent aussi d'habitants qui n'ont pas peur d'invoquer des puissances maléfiques pour que s'accomplissent leurs voeux, comme celle de La croix maudite de Causapscal. Enfin, certains québécois seraient dotés de pouvoirs païens et donc impies, comme en témoigne la légende des Sorciers de la Beauce

Des contes & légendes pour expliquer les phénomènes naturels

La Nature occupe une place importante au Québec, et le climat peut y être rude. Certaines légendes tentent de donner une explication à des phénomènes qui ne pouvaient pas être compris par la science à une certaine époque. 

C'est le cas d'un grand nombre de légendes autochtones. La légende de La Grande Ourse, par exemple, donne une explication très poétique à la présence des étoiles dans le ciel, ainsi qu'à la couleur rouge des feuilles en automne. La légende des Autres hommes donne un aperçu des croyances amérindiennes pour éviter une catastrophe naturelle telle qu'une inondation. 

Dans un autre registre, la légende du Rocher Percé nous explique l'origine de la forme particulière d'une pierre, tout comme dans la légende de La griffe du Diable

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